Église Saint-Éloi – L’éloge du métal au pays du bois – 2ème partie

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Église Saint-Éloi - La charpente métallique et le buffet d’orgueLa charpente métallique et le buffet d’orgue

Le programme de la nouvelle église comportait également une chapelle de semaine.

L’ambiance est ici plus intimiste ; la lumière tamisée par une mince ligne vitrée se diffuse dans une ambiance chaleureuse, de silence et de paix.

Définitivement coupée de la nef en 2001, la chapelle est pénétrée d’un bel éclairement grâce à une bande de lumière ouverte côté place Maurice de Fontenay et par le verre-cathédrale qui la sépare désormais de la nef, enserrée au-dessus d’un soubassement en briques et des parements de bois identique à celui des bancs.

Le décor, toujours aussi sobre, est voué au recueillement, à la prière et à la méditation.

Église Saint-Éloi - La chapelle de semaineLa chapelle de semaine

L’architecte apporta également beaucoup de soin au mobilier liturgique qu’il voulait de belle facture, simple et discrète. Sobriété de la forme et noblesse des matériaux, essentiellement métalliques, prévalurent. Marc Leboucher travailla très étroitement avec les ateliers de métiers d’art de l’École Boulle voisine, ses maîtres-ouvriers et leurs élèves. On leur doit notamment le tabernacle en bronze et recouvert d’émaux situé dans la chapelle de semaine.

L’ambon, pupitre sur lequel est posé le lectionnaire ou la Bible, est orné de nos jours d’une tapisserie de Marie Guériot-Flandrin, offerte à la paroisse. Le tabernacle provisoire servant pendant l’office est un simple socle en ardoise surmonté d’une toile en forme de tente, au plus proche de son étymologie latine, tabernaculum.

La statue de Saint-Éloi en plâtre doré, réalisée par Jean Puiforcat, sculpteur et orfèvre, pour l’Exposition de 1937 fut également offerte à la paroisse en 1985.

Dessiné par l’architecte et réalisé en métal à âme de bois, le Christ en croix était destiné à surmonter l’autel. De nos jours, il est surmonté d’un pied et son emplacement est changeant. L’arrière de l’autel, ou panneau de gloire, accueille désormais les œuvres du Père dominicain Kim-En-Joong, peintre de la lumière et créateur de vitraux. Sur le fond blanc des panneaux, jaillissent les couleurs préférées de l’artiste, « le bleu de l’espérance, le rouge de la naissance et le jaune de la joie ». (Interview donnée par le Père dans l’émission « Carrefour des arts » en 2009).

Pour le baptistère, l’architecte conçut un aménagement particulier en parfait accord avec la réforme vaticane qui entendait revenir au geste symbolique de l’immersion. Située à l’entrée de l’église sur la droite et en contre-bas, la pièce dédiée au baptistère est creusée d’une petite fosse recouverte d’un carré de métal. L’eau ruisselante s’évacue ensuite dans le petit jardin situé à l’extérieur.

La salle du baptistère sert désormais à accueillir les enfants pour le partage de l’Évangile pendant la messe.

L’ambon et la statue de Saint-ÉloiL’ambon et la statue de Saint-Éloi

Volontairement très épuré, le Chemin de croix signale les quatorze stations de la Passion par des chiffres romains peints en blanc sur les poteaux en acier de la charpente.

Les bénitiers et porte-cierges sont discrètement présents dans des formes très sobres, échappant presqu’au regard.

L’autel est conçu en acier comme nombre d’autres éléments mobiliers. Dans un souci particulier de discrétion et de dépouillement ; ils se détachent subtilement des élévations intérieures.

 


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Texte par Pauline ROSSI – Illustrations par Catherine ROSSI